Trucs et astuces

Feeling VS Technique (ça va faire mal)

Au gré des courants vers lesquelles me mènent internet, il m’est très souvent arrivé de tomber sur un débat enflammé qui fait rage principalement (et curieusement) chez les guitaristes à savoir : que doit-on privilégier entre le travail technique et le travail du feeling à la guitare ?

Je vais donc me faire un plaisir d’ajouter un peu d’huile sur le feu avec cet article juste pour rigoler et parce que je fais ce que je veux. 😈

Le feeling à la guitare

J’ai eu envie dans un premier temps d’analyser la définition de ce qu’est réellement le feeling. Voici ce que j’ai trouvé dans le dictionnaire Larousse : 

Qualité d’émotion et de sensibilité manifestée par un interprète, en particulier en jazz, blues et rock.

Mais peut-on réellement parler de “qualité d’émotion” dans un art aussi subjectif qu’est la musique. A propos, qui a décrété qu’une émotion peut être qualitative ou non ?! Et pourquoi en jazz, en blues et en rock plus particulièrement ? 

Mince alors, le métal et le flamenco par exemple seraient des styles dépourvus d’émotions qualitatives… Merci Larousse !

Bon j’exagère peut-être un peu car le dictionnaire veut peut-être faire référence au fait que le terme est plus particulièrement employé dans ces styles.

Cependant, que l’interprète soit un bluesman, un jazzman ou un rockeur, le ressenti des auditeurs peut être très différent selon ses goûts musicaux et sa personnalité. Deux jazzmans n’auront eux-mêmes pas forcément les mêmes réactions à l’écoute d’une œuvre de style jazz ou autre d’ailleurs. 

Il semble que dans le contexte musical, le terme “feeling” et ceux qui l’emploient tentent d’illustrer une sorte de ressenti universel dont tout les humains seraient au même point sensibles et qui ne demande qu’à être développer.

Cependant, la condition sine-qua non serait : qu’ils laissent leur égo frimeur et désinvolte de côté pour laisser place au ressenti, à la liberté presque mystique que permet “l’expression totale de son être” à travers la musique. 

Et c’est là que soudain surgit face au vent, le vrai héro de tous les temps, la citation qui mets le feu, la citation cauchemardesque des shredders attention roulement de tambour :

Pourquoi jouer tant de notes alors qu’il suffit de jouer les meilleures ?

Et celle là, quand vous vous la prenez dans les dents, ça peut faire mal si vous n’y êtes pas préparé car cette citation vient du grand Miles Davis !

Mais quand vous fouinez un peu dans son répertoire, vous pouvez vous rendre compte que les meilleures notes peuvent aussi être nombreuses. Voyez plutôt :

Zut alors ! Il y a du feeling et de la maîtrise technique à la fois ! Du silence, du phrasé, il y a de tout dites donc !

Bigre ! Il nous l’avait bien caché ! Lui qui souvent prolonge les notes pour en tirer toute l’énergie dans beaucoup de ses œuvres, il nous pond un truc de shredder !

Mais peut-être qu’il fait tout ça en âme et conscience et qu’il choisi tout simplement ce qu’il aime jouer. Ce n’est pas qu’il ne peut pas le faire, c’est qu’il choisi de le faire ou non et il est libre de choisir quels sont les meilleures notes selon ses critères, son bagage musical.

Mais voilà, doit-on pour autant se détourner de ce mots si mystérieux ?

Si j’avais à définir ce que c’est que de travailler son feeling, j’aurai tendance à me pencher sur des notions d’interprétations comme le groove, les nuances, l’intention, le geste et l’attaque. Tout ceci accompagné d’une écoute active bien évidemment.

Je dirais donc que non ! Le feeling en musique, ça existe. Et pour bien tout comprendre, lisez la suite.

La technique à la guitare

La technique quant à elle fait référence à un travail précis. Lorsque vous n’arrivez pas à passer d’un accord à l’autre, quand vous êtes vigilant à votre posture, la position de vos mains, lorsque vous apprenez vos gammes, en somme tout ce qui fait travailler votre mémoire (musculaire et cérébrale) dans le but d’élargir votre “vocabulaire” musical.

Vous pouvez notamment le faire en isolant un élément de tout le reste afin de travailler juste cette petite chose qui vous bloque. Cela peut inclure les bends, le hammer-on, le pull-off, le tapping, le slapping etc…

Pouvez vous alors imaginer jouer que de la technique ou que du feeling ?

Et à tous ceux qui pensent que certain s’appuient trop sur la technique, sachez que dans un premier temps, c’est une question de goût. Ensuite, sachez aussi que la note qui vous donne la larme à l’œil, c’est aussi de la technique AVANT d’être du feeling.

La technique + le feeling à la guitare

Et oui les amis. Il faut y passer par la technique car la vérité, c’est que l’un ne va pas sans l’autre. 

Un véritable maître de la guitare maitrise tout aussi bien la technique que le feeling et il y a derrière tout ça, pas mal de travail. 

Finalement, le fond du problème est là : jouer avec du “feeling” n’est pas incompatible avec le travail technique. C’est plutôt le résultat d’avoir développé votre technique à telle point qu’elle ne constitue plus une barrière entre vous et votre expression musicale. 

La musique, c’est comme un langage. Le feeling, c’est ce que vous voulez exprimer tandis que la technique, c’est le vocabulaire et la grammaire nécessaire pour le faire.

Etant le résultat du travail technique, le feeling s’acquière dans le long terme au fur et à mesure de votre apprentissage et j’ai une bonne nouvelle pour vous : vous avez déjà développé votre feeling sans le vouloir depuis le moment où vous avez commencé la guitare puisque vous avez d’une manière ou d’une autre travaillé votre technique.

Comme si vous appreniez une nouvelle langue, vous pouvez d’ores et déjà vous exprimer avec “les mots” que vous avez appris. Ensuite, libre à vous d’apprendre de nouveaux mots de vocabulaire (ou pas 😉). 

“Je joue ce que j’aime et je laisse jouer les autres.”

Une de mes nombreuses philosophies tient en ces mots.

Loin de moi à l’idée de vous faire la leçon bien sûr mais c’est important de rappeler que nous avons tous notre façon de jouer et d’aborder la guitare et heureusement.

C’est ce qui permet aussi une grande diversité grâce à l’authenticité de chacun et c’est grâce à cela que l’on a la chance de pouvoir écouter des chefs-d’œuvre divers et variés dans tous les styles de musique.  

Alors voilà. Si vous souhaitez jouer des pièces rapides et épiques avec des notes dans tous les sens avec un jeu rock/jazz/fusion/reggae, allez-y de bon cœur car vous jouerez ce que vous aimez.

Si vous souhaitez jouer des notes longues, calculées en travaillant votre phrasé, sachez que c’est tout aussi légitime.  

Et pourquoi pas mélanger les deux pour gagner en contraste, en puissance et en profondeur dans vos morceaux ?

Lancez vous, dans des défis pour vous surpasser et être fier de votre travail. Voilà le plus important.

Bref, peut-être qu’à ce stade, vous avez compris pourquoi j’ai employé un ton légèrement sarcastique dans cet article. C’est que ce débat est un faux débat et qu’il n’y a pas matière à opposer ces deux concepts.

A présent, dites-moi dans les commentaires si vous êtes d’accord, pas d’accord, si je mérite d’aller au bucher pour avoir profané de telles hérésies… Bon ok j’arrête mes sarcasmes 😉.

N’hésitez pas à partager l’article pour soutenir mon travail.

Que le fingerstyle-guitare soit avec vous !

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